Introspection des doigts de Pied’

« Quand j’étais petit… »

Parce que je n’ai rien à perdre

Classé dans : Made in Miane — 1 mai, 2009 @ 21:16

Quand j’étais petite…

Quand j’étais petite, j’étais déjà tellement énervée par l’idée d’échouer. J’avais déjà cette façon étrange de ne rien vouloir lâcher, plus proche de la folie que du courage, bien souvent. Je fermais déjà les yeux en me répétant « Je le ferais, je n’ai rien à perdre, je le ferais ! ». Diable, j’étais déjà un peu timbrée. L’air de rien, j’étais capable des actes les plus insensés, les moins osables. Ils faisaient naître en moi une sorte d’excitation, d’amusement intense. Et -c’est bien vrai- ils étaient un moyen de me prouver que j’étais capable de tout.

Et quand j’étais petite, croyez-moi, j’étais déjà capable de faire des actions profondément crétines avec acharnement et dévotion. Comme un artiste qui pousse le vice de sa peinture jusqu’au bout, répondant à ses seuls instincts et ses seules envies.

L’apprentissage du vélo, déjà, témoignait de mon acharnement. J’ai appris à faire du vélo seule, tombant et retombant. Couverte de bleus mais ne voulant rien lâcher ! A 5/6 ans déjà… oui, je ne renonçais devant aucune difficulté. J’ai dompté le vélo. D’ailleurs, j’étais si fière de moi que je n’ai rien de trouvé de plus intelligent que de tourner – tourner – tourner encore sur le deux-roues, jusqu’à m’écraser comme une crêpe au sol, une dent en moins.

En parlant de dents. Foutues dents ! Elles bougeaient, elles m’énervaient. Comme chaque vieux fou (positivement parlant), mon grand-père me glissait quelques idées saugrenues pour y remédier. Par exemple d’attacher le bout d’un fil à ma quenotte, l’autre à une porte, et de claquer la dite-porte. Radical. J’ai essayé. Entre autres. Je me souviens avoir croqué comme une malade dans une noix pour faire tomber l’une de ces emmerdeuses blanche. Ou bien encore de ces longs moments passés devant le miroir de la salle de bain, à arracher celles qui m’indisposaient. Avec succès.

Une grande malade, je vous l’accorde. Ce goût du risque s’est développé dans des situations plus dramatiques. A 12 ans, je n’ai pas hésité à me dresser face à mon frère aîné. « Frappe moi donc ! OSE ! Qu’est-ce que tu attends ?! ». Une mandale aurait suffit à me mettre K.O. Au même âge, je me souviens avoir répondu à une envie folle vis à vis de mon père. Ce fut la première insulte qui franchit mes lèvres à son propos. Ceci dit, courir autour de la table de la salle à manger comme une dératée, poursuivie par mon cher et tendre paternel, a calmé mes ardeurs… Ce qui reste compréhensible.

Je ne lâchais rien. J’estimais que le risque pris était amusant. Je n’ai pas changé, à ce propos. En fait, tout à empiré. Je me dresse encore face à des montagnes, hurlant mentalement que « je n’ai rien à perdre ». Je m’en persuade. Si fort que -parfois- j’en arrive à le croire. Cette dose de courage et d’inconscience me pousse à oublier, dans des situations plus ou moins critiques, que c’est faux : j’ai beaucoup à perdre.

Au collège, je ne ressentais aucune peur face à l’autorité. Je faisais face à mon professeur d’allemand, en oubliant le respect que je lui devais. Je parlais téléphonie dans le bureau du boss. Je n’avais rien d’une rebelle, ne vous méprenez pas. J’osais simplement m’écarter du droit chemin, de temps en temps, pendant un moment ridiculement court.

Et j’avais peur de l’échec. J’en ai toujours affreusement peur. Je déteste jusqu’à l’idée d’échouer. Je ne veux pas, et ne voudrais jamais, échouer à les protéger. Tous. Mes frères, ma mère, ma famille entière. Peut-être même mes amis. Alors, je me dresse encore face au danger, je prends les coups pour eux. Parce que « je n’ai rien à perdre », soit disant. Parce que « je ne supporterais pas de les perdre », en vérité. Je me sacrifierais pour eux. Je me suis sacrifiée pour eux. Maintes fois.

Surtout ce jour là, où Christophe semblait si fragile. Où mon père semblait si cruel. Où j’ai eu peur. Mon père lui faisait tellement de mal. J’aurais donné ma vie pour lui, en cet instant. J’ai sacrifié le pauvre équilibre que j’avais mis tant de temps à acquérir. Pour ne pas que mon père lui fasse du mal. J’ai fais face à l’homme. Je me souviens avoir tout encaissé pour Christophe, avoir souffert si fort pour lui. Mon père hurlait, violent et si cruel. Il hurlait sur moi. Je pleurais. Ma stabilité s’effondrait, mais je ne regrette rien, j’espère avoir réussie à prouver à mon frère que je l’aimais si fort que j’acceptais de me faire abattre, de retenir l’attention de mon père pour que lui -mon frère- ne prenne aucun coup. Je ne suis pas stupide au point de croire que mon frère n’a pas eut mal pour moi. Mais la douleur était différée, beaucoup moins virulente, je l’espère, que s’il la prenait de plein fouet.

Parce que « je ne supporterais pas de les perdre », je donnerais ma vie pour eux. Je n’échouerais pas. Jamais. Parce qu’Aurélien a déjà pris des raclées pour me protéger. Parce que Christophe en a déjà mis, pour la même raison. Parce que je le leur dois, je n’échouerais pas. L’inconscience m’aidera.

Un commentaire »

  1. Soon dit :

    Plop mymy :)
    ca fait un moment que je ne suis plus passé sur ton blog, un nouveau billet qui en dévoile toujours un peu plus sur toi :)
    Sinon superbe blog, continues….

    (et n’hésite pas à me recontacter (ca fait longtemps :D )…)

    Gros bisous,

    Soon

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