Introspection des doigts de Pied’

« Quand j’étais petit… »

Je lisais, avant d’écrire.

Classé dans : Made in Miane — 17 février, 2009 @ 18:20

Quand j’étais petite…

Quand j’étais petite, j’étais prédéstinée à être écrivain. Une pâle copie d’auteurs divers et variés, mais quand même.

D’abord il y a eu la lecture. Parce que j’étais encore petite quand j’ai découvert le livre, ce support fantastique où des personnes que je ne connaissais ni d’Adam ni d’Eve consignaient tous leurs rêves. J’ai toujours été fascinée par ce fait. J’observais – à 7 ans déjà- les plumes de ces illustres inconnus aligner des mots qui nourrissaient plus encore mon imagination. Je dévorais la façon dont ils bâtissaient un monde si différent du mien.

Quand j’étais petite, je m’enfermais dans ma chambre pour plonger dans des tonnes de bouquins. Je me souviens avoir sentis mon coeur se serrer et mes yeux s’embuer -juste s’embuer- en même temps que ceux des héros que je suivais. Je me souviens avoir esquissé des sourires quand ils étaient heureux. Je me souviens avoir tremblé quand ils avaient peur.

Je me souviens d’Evelyne Brisou-Pellen et de son Paris pris par la peste. Je me souviens de la Comtesse de Segur et de ses petites filles modèles, des malheurs de sa Sophie et de son Auberge de l’ange gardien. Et puis, il y avait les aventures de Fantomette (Georges Chaulet), Le petit Nicolas et ses copains (Sempé/Goscinny), tous les albums d’Asterix, l’histoire d’Anibal (d’Anne Bragance). Et toute ma collection, tellement étendue.

Plus tard, j’ai pris soin de lire à mon petit frère certaines de ces histoires. Notamment Peluchon (Irina Korschunow), Marie-Louise et Christophe, Mon bébé à 210 francs, ou encore Qui a peur de Madame Lacriz.

Je les cite par respect, parce qu’il s’agit de quasiment toute mon enfance.

Quand j’étais petite, je passais des heures au CDI du collège, écoutant les conseils de lecture avisés de la documentaliste. Elle appréciait l’attention particulière que je portais à ses bébés de papier. J’aimais l’attention particulière qu’elle me portait. Au bout d’un temps, c’est à la bibliothèque municipale que je passais mon temps, empruntant des piles de livres toutes les semaines. Je prenais Tom-Tom et Nana pour mon petit prince, Le seigneur des anneaux pour moi.

Et tant pis si je ne comprenais rien à ce pavé à 10 ans. Je développais une fascination pour les mots en eux-même, cela semblait suffisant. Le seigneur des anneaux était hors de ma portée, soit. Mais le dictionnaire non. Surtout pas le Dictionnaire des Synonymes, qui devint mon livre de chevet. Et qui l’est toujours.

Quand j’étais petite, je lisais. En découla mon amour de l’écriture, probablement. Mais là encore, rien n’est si simple. Ce n’est pas parce que je lisais que je voulais écrire. En fait, quand j’étais petite, l’idée d’écrire ne me taraudait pas particulièrement. Tout ça, c’est une histoire de circonstances (favorables).

D’un devoir de français. Du geste d’un père. J’avais dix ans. Je faisais ce qu’on voulait de moi, alors, quand il a fallut que j’écrive un conte pour un cours de français, je n’ai pas même pensé à rechigner (je ne savais de toutes façons pas rechigner). Ce n’était pas difficile, de mon point de vue. Je m’en moquais, aussi. Je l’ai fais simplement, mais pas comme je m’y attendais.

Peut-être étais-ce un moyen de me montrer qu’il m’aimait. Mais mon père a décidé d’écrire ce conte avec moi. Il s’agissait d’une histoire de lutin, de fleur magique et d’amour inconditionnel. Je ne sais plus, mais c’était beau. Je le conserve aujourd’hui dans un classeur, avec tous les écrits qui en ont découlé, pour des travaux ou pour le plaisir.

Si mon père n’avait pas écris avec moi, peut-être n’aurais-je pas tant chéris l’écriture. Plus encore que la lecture.

Aujourd’hui, j’ai du mal à croire qu’il ait été volontaire pour mêler son monde au mien dans une histoire. Fugace moment capturé par la mémoire. Nous n’avons jamais rien écris d’autre ensemble. Mais il s’agissait du commencement, du début de tout…

Quand j’étais petite, j’étais prédestinée à être écrivain. Je le pense vraiment. Je ne dis pas « bon écrivain », nuance, mais juste « écrivain », au sens où il aurait bien fallut qu’un jour je me mette moi-même à écrire.

Et que je n’arrête plus. Ou bien que lorsque j’arrête, j’y revienne finalement avec plus d’envie qu’auparavant, si c’est possible.

J’entasse les poèmes et les fanfictions, mon coeur se réchauffe face à mes lecteurs. Je ne comprends pas pourquoi ils me lisent, mais je suis honorée qu’ils le fassent et qu’ils prennent la peine de me le signaler. Qu’ils me laissent des petits mots, si tendres que j’en viens à sentir ma gorge se nouer.

Il n’y a qu’une histoire que je n’ai jamais réussis à écrire : celle de ma vie. Ma famille entière (je ne compte pas mon père dans cette formule) l’attends avec une certaine impatience. Ma mère raconte pendant que je consigne ses mots. Mais les souvenirs sont encore douloureux, pour nous tous.

Alors c’est par brides que je vous conte mon enfance. A demi-mots. Quand j’étais petite, j’étais prédestinée à être écrivain. Oui. Parce que ma vie constituait déjà la matière d’un grand roman (angoissant et n’en finissant pas). Et qu’un jour je le taperais pour vous.

Un commentaire »

  1. So' dit :

    Simplement émouvant !

    Si tes propos n’avaient pas été rédigés sur ce blog, je me serais cru au début d’un véritable roman.

    Tu as toujours eu du talent pour aligner des mots, et ça tu ne le perdras jamais ! Sois consciente de tes capacités, persiste… Tu te prouveras que tu existes ! Laisser une trace de soi-même derrière nous contribue à notre épanouissement, et c’est tout ce que je peux te souhaiter, que tu t’accomplisses enfin.

    Peu importe ce que certains peuvent dire, sois fière de ce que tu es car tu le peux, marche la tête haute ! Les gens qui jugent ne connaissent pas ta vie, et peux être qu’un jour un petit garçon ou une petite fille comme tu l’as été, tiendra le coup de vivre ne serait-ce qu’en lisant tes livres ! N’oublis pas que ce que les auteurs ont été pour toi pourra correspondre à ce que toi tu seras pour tes lecteurs.

    Bisous ma Belle !

    Ta So’

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